Définition

La TMA, ou tierce maintenance applicative, est le contrat par lequel une entreprise confie à un prestataire extérieur l'entretien d'une application en service. Elle couvre la correction des anomalies, les mises à jour de sécurité, l'adaptation aux évolutions de l'environnement technique et, le plus souvent, un volume d'évolutions fonctionnelles. Le mot tierce désigne le fait que cette maintenance est assurée par un tiers, et non en interne.

Le sigle vient du monde de l'infogérance. Que votre contrat porte ce nom ou celui de contrat de maintenance, le travail est le même ; ce qui change est la manière dont il est encadré.

Ce que couvre le contrat

Une TMA sérieuse découpe la prestation en familles distinctes, parce qu'elles ne se financent pas de la même façon.

  • Le correctif. Réparer ce qui ne fonctionne plus comme spécifié. C'est la partie que tout le monde a en tête en signant.
  • L'adaptatif. Suivre l'environnement qui bouge : versions de systèmes, bibliothèques, navigateurs, interfaces de services tiers. Invisible, et pourtant c'est ce qui empêche une application de cesser de marcher sans que personne n'y ait touché.
  • L'évolutif. Ajouter ou améliorer des fonctions au vu des usages réels. Il se compte généralement en jours réservés par mois ou par trimestre.
  • Le préventif. Surveiller, mettre à jour avant l'incident, tester les sauvegardes. C'est la famille la plus souvent absente des contrats, et celle qui évite les crises.

Le détail de ces catégories, avec ce qu'elles recouvrent au quotidien, figure dans mon guide sur la maintenance d'une application.

Ce que je vérifie avant de signer

Un contrat de TMA se juge moins sur son prix que sur ce qu'il engage. Les cinq points que je regarde en premier :

  • Le périmètre couvert. Quelles applications, quels environnements, quelles interfaces avec des services tiers. Ce qui n'est pas nommé ne sera pas maintenu.
  • Les délais d'intervention. Un engagement de service doit distinguer le délai de prise en compte du délai de rétablissement, et les graduer par niveau de gravité. Un incident bloquant et un défaut d'affichage n'appellent pas la même réactivité.
  • Les heures couvertes. Jours ouvrés et heures de bureau, ou astreinte étendue ? Une boutique en ligne qui vend le week-end n'a pas les mêmes besoins qu'un outil interne.
  • La frontière entre correctif et évolutif. C'est la principale source de litige. Un comportement non conforme aux spécifications relève du correctif ; une demande nouvelle relève de l'évolutif. Encore faut-il que les spécifications existent.
  • La réversibilité. Accès aux dépôts de code, documentation à jour, procédure de transfert. Une TMA dont on ne peut pas sortir vous met en situation de dépendance.

Ce que cela représente en budget

Le repère couramment admis dans la profession situe la maintenance annuelle autour de 15 à 20 % du coût initial de développement. C'est un ordre de grandeur, pas une règle : une application simple et stable coûte moins, une application connectée à de nombreux services tiers coûte davantage. Ce que je retiens surtout, c'est qu'il faut intégrer cette ligne au budget dès le cadrage, et non la découvrir l'année suivante. Les postes qui composent un chiffrage sont détaillés dans mon guide sur le prix d'une application.

TMA, garantie et infogérance

  • La garantie. Elle couvre les défauts de conformité présents à la livraison, pendant une durée limitée qui commence en général à la mise en production. Elle ne finance ni les évolutions ni l'adaptation à l'environnement.
  • L'infogérance. Elle porte sur l'exploitation de l'infrastructure : serveurs, réseau, sauvegardes, supervision. La TMA porte sur le code applicatif. Les deux se complètent et sont parfois vendues ensemble.
  • Le support utilisateur. Répondre aux questions d'usage n'est pas maintenir le logiciel. Vérifiez si cette prestation est incluse, sinon elle retombera sur vos équipes.

Quand la TMA change de prestataire, le sujet devient celui d'une reprise de projet existant : c'est là que la qualité de la documentation et des accès se paie, dans un sens ou dans l'autre.

Questions fréquentes

TMA signifie tierce maintenance applicative. Le mot tierce indique que la maintenance est confiée à un prestataire extérieur, par opposition à une maintenance assurée par les équipes internes. Le terme vient du vocabulaire de l'infogérance et désigne un contrat de service continu portant sur une ou plusieurs applications déjà en exploitation.
La garantie couvre les défauts de conformité déjà présents à la livraison, sur une durée limitée fixée au contrat de développement. La TMA est un service continu qui accompagne l'application aussi longtemps qu'elle est utilisée : correction des nouvelles anomalies, mises à jour de sécurité, adaptation aux changements d'environnement et évolutions. Les deux se complètent sans se remplacer.
C'est le choix le plus simple, car l'équipe connaît le code et démarre sans reprise en main. L'inconvénient est la dépendance : changer de prestataire devient coûteux, et vous perdez tout levier de négociation. La contrepartie à exiger dès le contrat de développement est une clause de réversibilité, avec accès au code, documentation à jour et procédure de transfert.
Laurent Tulpan

À propos de l'auteur

Laurent Tulpan

Directeur de projet digital senior, ancien développeur et expert SEO depuis 2005. Il négocie les contrats de maintenance de ses clients et vérifie qu'on peut en sortir avant d'y entrer. Découvrir son approche.

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