Définition

Le cahier de recette est le document qui liste les cas de test à dérouler pour vérifier qu'un site ou une application est conforme au besoin exprimé. Chaque ligne décrit une situation à tester, les étapes à suivre et le résultat attendu, puis laisse la place au résultat obtenu et au verdict. Il sert de support à la campagne de recette et de preuve de ce qui a été contrôlé.

Modèle offert

Téléchargez le cahier de recette

Le tableur que j'utilise en mission : trois onglets (mode d'emploi, cas de test, synthèse), les statuts et criticités déjà paramétrés, cinq exemples de cas de test pour démarrer. Libre d'usage, sans inscription.

On le trouve aussi sous le nom de cahier de recettage ou de plan de tests. Peu importe l'intitulé : ce qui compte est qu'il existe avant la livraison, et qu'il soit écrit par le côté client, pas par celui qui a développé.

À quoi il sert vraiment

Sans ce document, la recette se résume à une impression générale, et une impression ne se défend pas en réunion.

  • Rendre la vérification exhaustive. Les fonctions rarement utilisées sont celles que personne ne pense à ouvrir, et celles qui cassent en silence pendant des mois.
  • Répartir le travail. Chaque testeur reçoit un périmètre nommé, ce qui évite que trois personnes testent la même page d'accueil et que personne n'ouvre l'espace client.
  • Objectiver le désaccord. Face à un prestataire qui estime la livraison conforme, une ligne « résultat attendu » issue du cahier des charges met fin au débat.
  • Servir de mémoire. Il resservira à la version suivante, et à chaque mise à jour lourde du produit.

Ce qu'il contient

Un cahier de recette est un tableau, tenu dans un tableur ou dans l'outil de suivi du projet. Les colonnes que j'utilise sont toujours les mêmes.

ColonneCe qu'on y écrit
IdentifiantUn code court et stable, pour parler du cas sans le décrire (par exemple CMD-04).
PérimètreLa fonction concernée : compte client, recherche, tunnel de commande, formulaire de contact.
PrérequisL'état de départ : utilisateur connecté, panier vide, navigateur mobile.
ÉtapesLes actions à effectuer, dans l'ordre, assez précises pour qu'un autre testeur obtienne le même résultat.
Résultat attenduCe qui doit se produire, en une phrase vérifiable. C'est la colonne qui vient du cahier des charges.
Résultat obtenuCe qui s'est réellement passé, décrit et non résumé en « ne marche pas ».
Verdict et sévéritéConforme, non conforme, et le niveau de gravité qui décide si le défaut bloque la mise en ligne.
Testeur et dateQui a joué le cas, sur quelle version. Sans cela, un retest ne veut rien dire.

J'y ajoute toujours un onglet de contrôles transverses, ceux qui ne se rattachent à aucune fonction précise : affichage sur mobile, comportement sur les principaux navigateurs, balises de référencement, et l'échantillon d'anciennes URL à vérifier quand la refonte s'accompagne d'un plan de redirection 301.

Comment je le construis

Le cahier de recette ne s'invente pas à la livraison. Il se déduit, ligne à ligne, de ce qui a été commandé. Je repars du volet fonctionnel du cahier des charges : chaque exigence donne au moins un cas de test, et les exigences qui n'en donnent aucun sont en général celles qui étaient trop vagues pour être développées correctement. Quand le projet est mené en agile, le travail est déjà à moitié fait : les critères d'acceptation des user stories deviennent les résultats attendus.

J'écris aussi des cas d'erreur, pas seulement des parcours nominaux : champ obligatoire laissé vide, adresse mal formée, paiement refusé, fichier trop lourd. Un produit se casse presque toujours sur ce que ses concepteurs n'avaient pas prévu qu'un utilisateur ferait.

Les erreurs fréquentes

  • Le faire écrire par le prestataire. Il testera ce qu'il a construit, dans l'ordre où il l'a construit, et pas ce que vous attendiez.
  • Confondre exigence et cas de test. « Le site doit être ergonomique » ne se teste pas. « Le menu reste accessible après défilement sur un écran de 375 pixels » se teste.
  • L'abandonner après la première passe. Le cahier sert à chaque retest, et c'est lui qui montre qu'une correction en a cassé une autre.

La démarche complète, du gel de la préproduction au procès-verbal, est décrite dans ma fiche sur le recettage et dans mon guide sur la recette d'une refonte.

Questions fréquentes

Le cahier de recette se rédige du côté client, par le chef de projet ou l'assistance à maîtrise d'ouvrage, avec les équipes métier qui utiliseront l'outil. Le prestataire peut fournir la liste des fonctions livrées, mais il ne peut pas décider seul de ce qui prouve la conformité, puisqu'il est celui dont le travail est évalué.
Le cahier des charges décrit ce qui doit être construit, avant le développement. Le cahier de recette décrit comment vérifier que cela a bien été construit, après la livraison. Le second se déduit du premier : chaque exigence fonctionnelle doit donner au moins un cas de test avec un résultat attendu vérifiable.
Oui, même court. Sur un site vitrine, une trentaine de lignes suffisent : formulaire de contact avec réception effective du message, affichage sur mobile, menu, pages légales, redirections des anciennes URL, balises de titre. C'est peu de travail, et cela couvre les défauts qui coûtent réellement des contacts perdus.
Laurent Tulpan

À propos de l'auteur

Laurent Tulpan

Directeur de projet digital senior, ancien développeur et expert SEO depuis 2005. Il construit les cahiers de recette de ses clients à partir de leur cahier des charges, et fait tenir la campagne jusqu'au procès-verbal. Découvrir son approche.

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