Définition

Le COPIL, abréviation de comité de pilotage, est l'instance de décision d'un projet. Il réunit à intervalle régulier le sponsor, la maîtrise d'ouvrage, la direction métier concernée et le responsable du projet, pour arbitrer le budget, le périmètre, les jalons et les risques majeurs. Sa raison d'être est de trancher ce que l'équipe projet n'a pas mandat pour trancher.

Il occupe le sommet de la comitologie du projet, au-dessus du comité projet et des points d'équipe. Tout ce qui engage l'entreprise remonte jusqu'à lui : une rallonge budgétaire, un jalon décalé, une fonctionnalité retirée pour tenir la date, un risque devenu probable.

À quoi sert un comité de pilotage

Un bon COPIL produit trois choses, et il se juge à cela.

  • Des décisions. Chaque séance se conclut par des arbitrages datés, avec un responsable pour chacun.
  • Un cap partagé. Ceux qui financent et ceux qui construisent repartent avec la même vision de l'état du projet.
  • Un traitement des risques. Les alertes du chef de projet trouvent là un interlocuteur capable de débloquer des moyens.

C'est aussi là que la maîtrise d'ouvrage assume son rôle de donneur d'ordre. Quand le client délègue tout et ne vient qu'écouter, les dérives de périmètre passent inaperçues jusqu'à la recette.

Qui participe à un COPIL

Un comité de pilotage réunit le sponsor du projet, qui a le pouvoir d'engager le budget, le représentant de la maîtrise d'ouvrage, les responsables métier concernés, le chef de projet et le responsable de la maîtrise d'œuvre. On y invite ponctuellement un expert pour éclairer un sujet précis. Six à huit personnes est un format qui permet encore de décider.

La règle qui compte porte sur le mandat, pas sur le nombre : chaque personne présente décide sur son domaine, ou apporte une information que nul autre n'apporte. Les autres reçoivent le compte rendu.

Rythme et déroulé d'une séance

Le rythme mensuel est celui que je retiens le plus souvent sur un projet digital de quelques mois : assez rapproché pour que les décisions arrivent à temps, assez espacé pour que l'avancement soit visible d'une séance à l'autre. L'ordre du jour, lui, gagne à ne pas changer.

  • Les décisions de la séance précédente et leur suite donnée.
  • L'avancement par rapport au planning et au budget, en quelques minutes.
  • Les risques et les alertes, avec ce que le comité peut faire pour les traiter.
  • Les arbitrages à rendre ce jour, chacun présenté avec ses options et leur coût.
  • Le relevé de décisions, relu à voix haute en fin de séance.

Le dernier point est le plus rentable : deux minutes qui évitent les malentendus revenant un mois plus tard. J'applique ce fonctionnement à un projet complet dans mon guide sur le pilotage d'une refonte de site web.

Les erreurs fréquentes

  • Découvrir un sujet en séance. Un arbitrage se prépare ; les options doivent circuler avant, sinon le comité reporte.
  • Présenter un état trop favorable. Un COPIL qui n'entend jamais de mauvaise nouvelle les reçoit toutes d'un coup, trop tard.
  • Inviter trop largement. Au-delà d'une dizaine de personnes, les décisions se prennent ailleurs, en petit comité.
  • Y traiter l'opérationnel. Le détail appartient au niveau du dessous ; le remonter mange le temps réservé aux arbitrages.

Les termes voisins à ne pas confondre

InstanceCe qu'elle traiteQui la préside
COPILBudget, périmètre, jalons et risques d'un projetLe sponsor du projet
Comité projetAvancement, blocages, préparation des arbitragesLe chef de projet
CODIRLa marche de l'entreprise, dont le portefeuille de projetsLa direction générale
Comité stratégiqueLa trajectoire d'un programme sur plusieurs annéesUn membre du comité de direction

Le product owner n'en est pas non plus l'équivalent : il décide de la priorité du travail au sein du produit, quand le COPIL décide des moyens alloués au projet.

La question que je pose à chaque fin de COPIL.

« Qu'avons-nous décidé aujourd'hui ? » Si la réponse tient en trois ou quatre points avec un nom en face de chacun, la séance a servi. Sinon, le comité a passé une heure sur un avancement que le compte rendu écrit aurait transmis aussi bien. J'ai vu des projets reprendre de l'air rien qu'en replaçant les arbitrages en début de séance.

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Questions fréquentes

COPIL est l'abréviation courante de comité de pilotage. On rencontre aussi les graphies COPIL, CoPil et Copil, qui désignent la même instance. Le sigle est très employé dans les grandes entreprises et dans le secteur public français, et se retrouve dans les appels d'offres sous la forme « animation des COPIL ».
Le sponsor du projet préside le comité de pilotage, c'est-à-dire la personne qui porte le projet au niveau de la direction et qui a le pouvoir d'engager le budget. Le chef de projet, lui, prépare la séance, présente l'avancement et les arbitrages à rendre, puis rédige le relevé de décisions. Confier la présidence au chef de projet prive le comité de son pouvoir de trancher.
Un projet court avec deux ou trois interlocuteurs n'a pas besoin d'une instance formelle, mais il a toujours besoin d'un décideur identifié et d'un rendez-vous régulier avec lui. Le format peut se réduire à trente minutes par mois avec le sponsor, à condition qu'un relevé écrit des décisions soit produit. C'est la trace écrite, plus que le cérémonial, qui protège le projet.
Laurent Tulpan

À propos de l'auteur

Laurent Tulpan

Directeur de projet digital senior, ancien développeur et expert SEO depuis 2005. Il prépare et anime les comités de pilotage de projets menés pour des grands comptes et des PME (TF1, SFR, Orange, SNCF), en faisant le lien entre les équipes techniques et la direction. Découvrir son approche.

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