À quoi ressemble un bon cahier des charges ?
Un bon cahier des charges de site web est un document structuré en une dizaine de rubriques : contexte, objectifs, cibles, arborescence, fonctionnalités, contenu, design, technique, SEO, contraintes, budget et planning. Chaque rubrique répond à une question précise que le prestataire se posera de toute façon. Le modèle ci-dessous suit cet ordre et donne un exemple de contenu pour chacune.
Avant de dérouler la trame, une mise au point : un modèle n'est pas un formulaire à cocher. C'est un aide-mémoire qui garantit que vous n'oubliez aucune rubrique importante, et qui vous montre le niveau de précision attendu. La valeur du document ne vient pas de sa structure (elle se recopie en cinq minutes) mais de ce que vous mettez dedans.
D'après mon expérience, les meilleurs cahiers des charges tiennent en quelques pages denses plutôt qu'en un pavé générique. Chaque phrase y décrit une exigence vérifiable, jamais une intention floue. Voici la vue d'ensemble des rubriques, puis le détail de chacune avec un exemple.
- Le cadrage : présentation et contexte, objectifs, cibles.
- Le périmètre : arborescence, fonctionnalités, contenu.
- Les exigences : design, technique, SEO, contraintes.
- Le cadre projet : budget et planning.
La trame complète, section par section
La trame se lit dans un ordre naturel : on part du pourquoi (contexte, objectifs), on précise pour qui (cibles), puis quoi (arborescence, fonctionnalités, contenu), puis comment (design, technique, SEO, contraintes), et enfin dans quel cadre (budget, planning). Voici chaque rubrique avec un exemple de formulation à adapter.
1. Présentation et contexte
Qui vous êtes, votre activité, votre marché, l'état de votre site actuel et pourquoi vous refondez maintenant. Cette rubrique donne au prestataire le décor du projet.
2. Objectifs et indicateurs
Ce que la refonte doit changer, en termes mesurables. Sans indicateurs, personne ne pourra dire si le projet a réussi. Fixez deux ou trois objectifs prioritaires, pas dix.
3. Cibles et personas
À qui s'adresse le site, avec leurs attentes et leur parcour type. Un site pensé pour un acheteur professionnel ne ressemble pas à un site grand public.
4. Arborescence et périmètre
La liste des pages et sections, et surtout ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas. Une arborescence cible, même provisoire, cadre immédiatement l'ampleur du chantier.
5. Fonctionnalités
Ce que le site doit faire : formulaires, prise de rendez-vous, moteur de recherche, espace membre, multilingue. Distinguez l'indispensable du souhaitable, c'est ce qui protège le budget.
6. Contenu
Qui produit les textes, images et vidéos, ce qui est repris de l'ancien site et ce qui est réécrit. C'est souvent le poste qui fait glisser les délais.
7. Design et charte graphique
Vos codes de marque, vos préférences, vos contre-exemples. Précisez si une charte existe ou reste à créer, et si le responsive et l'accessibilité sont attendus (ils devraient l'être).
8. Contraintes techniques
Le socle attendu : CMS visé, hébergement, sécurité, conformité RGPD, intégrations à conserver (CRM, outil d'emailing, ERP). Décrivez le besoin plutôt que d'imposer une technologie précise.
9. Exigences SEO et migration
La rubrique la plus souvent oubliée, et la plus coûteuse à négliger. On y rend le référencement contractuel : reprise des URLs performantes, plan de redirection 301, maintien du trafic organique.
10. Contraintes et modalités
Les règles du jeu : critères de recette, garantie, maintenance après mise en ligne, contraintes légales ou de calendrier. Ces clauses vous protègent une fois le site vivant.
11. Budget et planning
Une enveloppe ou une fourchette, même large, et les grandes étapes avec leurs jalons. Annoncer un ordre de grandeur fait gagner du temps à tout le monde et évite les propositions hors sujet.
Vous pouvez aussi ajouter une rubrique de définitions si votre équipe mélange les rôles, notamment la distinction entre MOA, MOE et AMOA qui revient souvent dans les projets à plusieurs interlocuteurs.
Un modèle rempli seul reste un modèle : si vous voulez un regard extérieur, je peux co-rédiger votre cahier des charges avec vous ou le challenger une fois écrit, pour traquer les zones floues avant qu'elles ne coûtent cher en développement. Parlons de votre projet.
Comment adapter ce modèle à votre projet
Pour adapter ce modèle, gardez la structure et réécrivez entièrement le contenu : allégez les rubriques inutiles pour un site vitrine, développez fonctionnalités et technique pour un e-commerce, et remplacez chaque exemple par votre réalité. La trame est réutilisable ; les exemples, jamais.
Un site vitrine de cinq pages n'a pas besoin d'un chapitre fonctionnel de dix lignes : réduisez, sans supprimer la rubrique (mentionner « aucune fonctionnalité complexe attendue » est déjà une information utile). À l'inverse, pour une boutique en ligne, les sections fonctionnalités, contenu produit et technique deviennent le cœur du document : paiement, gestion des stocks, fiches produit, comptes clients. Le modèle e-commerce mérite d'ailleurs sa propre lecture, détaillée dans mon guide du cahier des charges d'un site e-commerce.
La règle qui vaut pour tous les projets : chaque exemple de cette page est un exemple, pas un texte à conserver. Si vous laissez « cabinet de conseil RH de 12 personnes » dans votre document, vous signalez au prestataire que vous n'avez pas fait le travail. Reprenez rubrique par rubrique et écrivez votre version. Ce passage est le vrai livrable ; le squelette n'était qu'un point de départ. Pour cadrer une refonte plutôt qu'un site neuf, la trame de refonte insiste davantage sur l'existant et la migration.
Ce qu'un modèle ne remplace pas
Un modèle ne remplace pas la réflexion en amont : clarifier ce que vous voulez vraiment, hiérarchiser vos objectifs, arbitrer entre l'indispensable et le souhaitable, décider ce qui est hors périmètre. Ce travail de fond ne se copie nulle part, et c'est lui qui fait la différence entre un cahier des charges utile et un formulaire rempli à la va-vite.
J'ai vu des documents parfaitement structurés, coche après coche, qui ne disaient rien : des objectifs recopiés d'un modèle, des cibles décrites en généralités, aucune priorisation. Le prestataire les lit et comprend tout de suite qu'il devra tout reprendre en réunion. À l'inverse, un document plus court mais nourri d'arbitrages réels lui permet de chiffrer juste et de proposer les bonnes options.
Le modèle vous évite d'oublier une rubrique ; il ne pense pas à votre place. Si vous voulez la méthode pour remplir chaque section correctement, poser les bonnes questions en interne et éviter les pièges classiques, je détaille tout dans le guide comment rédiger un cahier des charges. Et pour situer cette étape dans l'ensemble du sujet, revenez au guide du cahier des charges de site web.